mardi 13 septembre 2016

Jérôme Cahuzac: «Je n’ai jamais menti au président»

Dans les premiers jours de son procès, Jérôme Cahuzac avait eu cet aphorisme: «Il est toujours utile d’ignorer ce qu’il est inutile de savoir.» À croire les nouvelles révélations de l’ex ministre du Budget hier à la barre, le président François Hollande aurait fait sienne cette maxime

Le coûteux "train de vie" des Cahuzac

La 32e chambre du tribunal correctionnel de Paris a découvert hier après-midi la trichologie. Une "spécificité anglaise", à mi-chemin entre les dermatologues et les coiffeurs, qui permet aux Anglais de consulter en cas de problèmes capillaires. "Ça vient du grec, tricho, cheveux", explique en riant Patricia Cahuzac.

L'ex épouse de Jérôme Cahuzac, poursuivie elle aussi pour fraude fiscale et blanchiment de fraude fiscale, est apparue très décontractée hier à la barre, où elle a enfin été interrogée en ce début de deuxième et dernière semaine d'audience. Chemise blanche, jupe noire, cheveux blonds attachés en chignon, celle qui jusqu'à présent était restée assise, les yeux baissés, sur le banc des prévenus, répond volontiers aux questions du président du tribunal Peimane Ghaleh-Marzban.


vendredi 9 septembre 2016

Quand Cahuzac sauvait son couple en fraudant le fisc

Pour la première fois depuis le début de son procès lundi, Jérôme Cahuzac, poursuivi pour fraude fiscale, blanchiment de fraude fiscale et fausse déclaration de patrimoine a exprimé une émotion jeudi matin. A la barre, il décrit l'homme qu'il était en décembre 2007, tout juste élu député "au terme d'une campagne extrêmement dure et éprouvante". "Nous rentrons dans ce que furent les années 2000 : le naufrage de notre couple, poursuit-il. En 2007, je lui dis (à sa femme à ses côtés sur le banc des prévenus) : 'Maintenant que j'ai reconquis mon siège, je vais te reconquérir toi'". La voix tremble un peu. "Les vacances au Seychelles faisaient partie de cette stratégie, mais je n'avais plus les moyens de les payer. Comme député, j'avais arrêté toutes mes activités de consultant. Je n'hésite pas".

mercredi 7 septembre 2016

Au procès Cahuzac, la thèse d'un trésor de guerre pour Rocard se fissure

Le procès sur les mensonges de Jérôme Cahuzac, poursuivi pour fraude fiscale, blanchiment de fraude fiscale et fausse déclaration de patrimoine, pourra certainement éclairer les futurs étudiants en droit sur le concept de « vérité judiciaire ». « La vérité que j'ai décidé de dire n'est pas une stratégie, tente l'ancien ministre du Budget à la barre. La vérité, c'est la vérité. » Aimablement, le président de la 32ème chambre du tribunal correctionnel de Paris, Peimane Ghaleh-Marzban, chargé de le juger jusqu'au 15 septembre, le reprend : « Je ne veux pas être intrusif sur le rapport à la vérité M. Cahuzac, mais l'invoquer dans un dossier où il y a des évolutions de propos peut être... complexe. »

Ce matin, les débats sont revenus sur la « vérité » révélée par Jérôme Cahuzac à l'ouverture de son procès, lundi. L'ancien ministre du Budget avait alors affirmé que son compte ouvert en Suisse en 1992 avait servi à dissimuler le financement occulte des activités politiques de feu Michel Rocard. Mais Jean Marc Toublanc, le vice-procureur du parquet national financier, n'y croit pas. « Après sa défaite historique (aux élections européennes de 1994, NDLR), des laboratoires pharmaceutiques sont prêts à donner un demi-million à Michel Rocard ? » « Un pari sur l'avenir », tente Jérôme Cahuzac.

mardi 6 septembre 2016

Jérôme Cahuzac : « Tout le monde savait »

Un long silence. « Est-ce que vous me permettez de revenir en arrière, Monsieur le président ? » En fin d’après-midi hier, le procès de Jérôme Cahuzac, ouvert quelques heures plus tôt, a soudainement basculé. Le président de la 32e chambre du tribunal correctionnel de Paris vient de rentrer dans le vif du sujet en demandant à l’ancien ministre Cahuzac, poursuivi pour fraude et évasion fiscales, d’expliquer la création, en 1992, de son premier compte en Suisse.


mercredi 10 août 2016

A Marseille, 29 minutes de procès et au trou !



Vingt-neuf minutes : c’est le temps moyen consacré par la 11e chambre du tribunal de grande instance de Marseille à chaque audience de comparution immédiate. Dix-sept minutes pour la présentation de l’affaire, les témoins et la plaidoirie de la partie civile, six minutes pour le réquisitoire du parquet et autant pour la plaidoirie de l’avocat.

Pour étudier cette justice expéditive, l’observatoire régional de la délinquance a, au contraire, choisi de prendre son temps : de février à juin 2015, une équipe composée de chercheurs de l’université d’Aix-Marseille, de membres de la Ligue des droits de l’homme, d’observateurs citoyens et d’étudiants en droit s’est relayée chaque jour à partir de 14 heures et jusqu’à la fin du rôle. Au total, plus de 500 affaires sont ainsi entrées dans les grilles d’observation déjà utilisées pour des études similaires à Toulouse, Nice et Paris.

lundi 8 août 2016

« Et qu’on ne vous revoie pas dans un tribunal ! »

Si, en été, les tribunaux réduisent la voilure, ils doivent malgré tout assurer la continuité du service public de la justice. Immersion à la 17e chambre du tribunal de grande instance de Bobigny (Seine-Saint-Denis), où les comparutions immédiates continuent… Bon gré, mal gré.

Salim (1) a un tic, il se caresse frénétiquement le menton – qu’il a plutôt glabre pour un jeune homme de 22 ans. Au milieu des gendarmes, dans le box des prévenus de la 17e chambre du tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis), il ne passe pas inaperçu : Salim a revêtu une veste de jogging rose fluo, veste qui, on le verra plus tard, causa sa perte. Pour l’instant, ses yeux scrutent, éperdus, la salle d’audience à moitié vide. Son casier est vierge, il comparaît devant un juge pour la première fois.

C’est une habitante de Tremblay qui a donné l’alarme deux jours plus tôt. Alors qu’elle se promenait au petit matin dans les rues de la ville, elle a vu « trois individus » sortir d’un pavillon, les bras chargés, puis monter dans une voiture dont elle a eu la présence d’esprit de noter le numéro de plaque. Aux policiers, elle décrit « un individu portant une veste de couleur rose avec des manches noires ». Et voilà notre apprenti cambrioleur interpellé devant chez lui une heure et demie plus tard, le capot de sa voiture encore chaud. À ­l’intérieur : deux écrans plats, une console de PlayStation 4, deux téléphones portables, des vêtements et un grand tournevis…