vendredi 6 février 2015

La vie sordide des filles dans les « bars à Dodo »

Au tribunal de Lille, jeudi matin, deux mondes se sont fait face sans jamais se comprendre. D’un côté, le proxénète belge Dominique Alderweireld, alias Dodo la Saumure – du nom du bain salé dans lequel sont marinés les maquereaux. Soixante-six ans, trapu, crâne dégarni et ventre rebondi. À ses côtés, sa compagne, Béatrice Legrain, dite Béa, de vingt-cinq ans sa cadette. Grande, toute de noir vêtue, une longue chevelure blonde qui lui tombe sur les épaules. Prostituée à ses heures, parce qu’elle « aime ça » et gérante de maison close.

mercredi 4 février 2015

« Un soir, j’ai ouvert 
mon frigo, il était vide… »

Jade (1) a beaucoup hésité avant de venir témoigner devant le tribunal correctionnel de Lille. Ce huis clos demandé par les partiesciviles et refusé par le tribunal l’a mise en colère. « Je ne peux pas encore estimer les dommages collatéraux, mais je vous promets de vous tenir au courant », lance-t-elle, rageuse, au président du tribunal, Bernard Lemaire. Et puis, « les gens disent que c’était entre adultes consentants, presque qu’on aimait ça ». Donc Jade est venue pour rétablir la vérité. « Je ne supporte pas l’expression “argent facile”. » Elle a mis une perruque châtain clair, des lunettes, une écharpe et un large pull noir. Aujourd’hui âgée d’une quarantaine d’années, elle s’exprime d’une voix douce, avec des mots simples et précis et livre un témoignage édifiant sur le monde de la prostitution.

lundi 2 février 2015

Au procès Carlton, rien ne sera épargné au « peuple français »

Ce n’est plus un procès pour proxénétisme, c’est le festival de Cannes. Dans une hystérie médiatique indescriptible, le procès du Carlton s’est ouvert en ce début d’après-midi devant le tribunal correctionnel de Lille, avec plus de 350 journalistes accrédités. Pour accéder à la salle du sous-sol où se tiennent les débats, il faut descendre des escaliers devant une centaine de cameramen et de photographes qui hurlent le prénom de chaque personne connue qui passent devant eux. « Dominique, levez les yeux, levez les yeux », scandent-ils à l’adresse de Dominique Alderweireld, alias « Dodo la saumure », désormais fameux proxénète belge. Dominique Strauss-Kahn, ancien directeur du FMI et un temps favori des sondages à la dernière présidentielle a réussi, lui, à contourner la meute. Accusés de proxénétisme aggravé, les quatorze prévenus risquent dix ans de prison et 1,5 million d’euros d’amende.

jeudi 29 janvier 2015

La vie rêvée de l' «ouvrier» François-Marie Banier

François-Marie Banier n’aime pas parler d’argent.  Le millionnaire de 67 ans ne s’abaisse pas à ces questions triviales. Même devant un tribunal. Il soupire : « Je n’entends rien à ces choses là, voyez plutôt avec ma secrétaire ». Ou encore : « Liliane (Bettencourt, NDLR) ne voulait pas que je m’occupe d’argent, ce n’est pas un délit d’être inconséquent ». Non, mais l’abus de faiblesse en est un. Et c’est justement pour avoir soustrait 440 millions d’euros à l’héritière de l’Oréal, première fortune de France, que François-Marie Banier comparait depuis lundi devant le tribunal correctionnel de Bordeaux.

mercredi 28 janvier 2015

« Ils feraient mieux d’aller traquer les vrais terroristes ! »

Affreux terroriste ou simple maçon ? Fin novembre, dix kurdes comparaissaient à Paris pour extorsion avec violence, association de malfaiteurs en vue de commettre un acte terroriste et financement d’entreprise terroriste. Pour l’accusation, ces hommes sont des «gros bras» du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), qui «frappent les mauvais payeurs dans les caves» et «recrutent des jeunes pour alimenter les bataillons de la guérilla». Pour la défense, au contraire, ces maçons, carreleurs, peintres en bâtiment sont de simples réfugiés politiques kurdes, la plupart mariés avec des enfants, «fatigués» par huit longues années d’injustes poursuites judiciaires.

mardi 27 janvier 2015

Au procès Bettencourt, la défense s’en prend violemment à l’instruction


Pas sûr que la tactique soit payante, mais elle a permis, ce matin, à la défense d’affuter ses arguments sur le fond. Durant plusieurs heures, les avocats des prévenus se sont relayés à la barre pour tirer à boulets rouges sur l’instruction de l’affaire Bettencourt.

Deux incidents de procédure réclament, selon eux, le renvoi du procès. D’abord, les irrégularités de l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel(ORTC) des juges d’instruction Jean-Michel Gentil et Valérie Noël. « Juge d’instruction est un métier très difficile, a commencé Me Cornut-Gentille, avocat de François-Marie Banier. Il demande un examen objectif et complet des charges contre les personnes poursuivies ». Or, d’après l’avocat, les éléments à décharge ont été systématiquement exclus de l’ordonnance.

lundi 26 janvier 2015

Ouverture du procès Bettencourt sous haute tension

Le premier procès dans l’affaire Bettencourt s’est ouvert ce matin au tribunal correctionnel de Bordeaux dans la confusion la plus totale. De nombreux personnages clefs de l’affaire manquent à l’appel. Sur le banc des parties civiles, Liliane Bettencourt, qui n’est pas apparue en public depuis 2012, est représentée par son administrateur ad hoc. Sa fille, Françoise Meyers-Bettencourt et ses deux fils, parties civile, ne disent pas un mot. Du côté des prévenus, dix hommes sont poursuivis – dont l’ancien ministre sarkozyste Eric Woerth – mais deux manquent à l’appel : Carlos Cassina Vejarano et Alain Thurin.