Un long silence. « Est-ce que vous me permettez de revenir en arrière,
Monsieur le président ? » En fin d’après-midi hier, le procès de Jérôme
Cahuzac, ouvert quelques heures plus tôt, a soudainement basculé. Le
président de la 32e chambre du tribunal correctionnel de Paris vient de
rentrer dans le vif du sujet en demandant à l’ancien ministre Cahuzac,
poursuivi pour fraude et évasion fiscales, d’expliquer la création, en
1992, de son premier compte en Suisse.
mardi 6 septembre 2016
mercredi 10 août 2016
A Marseille, 29 minutes de procès et au trou !
Vingt-neuf minutes : c’est le temps moyen consacré par la 11e chambre du
tribunal de grande instance de Marseille à chaque audience de comparution
immédiate. Dix-sept minutes pour la présentation de l’affaire, les témoins et
la plaidoirie de la partie civile, six minutes pour le réquisitoire du
parquet et autant pour la plaidoirie de l’avocat.
Pour étudier cette justice expéditive, l’observatoire
régional de la délinquance a, au contraire, choisi de prendre son temps : de février à juin 2015, une
équipe composée de chercheurs de l’université d’Aix-Marseille, de
membres de la Ligue des droits de l’homme, d’observateurs citoyens et
d’étudiants en droit s’est relayée chaque jour à partir de 14 heures et jusqu’à la fin du
rôle. Au total, plus de 500 affaires sont ainsi entrées dans les grilles
d’observation déjà utilisées pour des études similaires à Toulouse, Nice et
Paris.
lundi 8 août 2016
« Et qu’on ne vous revoie pas dans un tribunal ! »
Si, en été, les tribunaux réduisent la voilure, ils doivent malgré tout assurer la continuité du service public de la justice. Immersion à la 17e chambre du tribunal de grande instance de Bobigny (Seine-Saint-Denis), où les comparutions immédiates continuent… Bon gré, mal gré.
Salim (1) a un tic, il se caresse frénétiquement le menton – qu’il a plutôt glabre pour un jeune homme de 22 ans. Au milieu des gendarmes, dans le box des prévenus de la 17e chambre du tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis), il ne passe pas inaperçu : Salim a revêtu une veste de jogging rose fluo, veste qui, on le verra plus tard, causa sa perte. Pour l’instant, ses yeux scrutent, éperdus, la salle d’audience à moitié vide. Son casier est vierge, il comparaît devant un juge pour la première fois.
C’est une habitante de Tremblay qui a donné l’alarme deux jours plus tôt. Alors qu’elle se promenait au petit matin dans les rues de la ville, elle a vu « trois individus » sortir d’un pavillon, les bras chargés, puis monter dans une voiture dont elle a eu la présence d’esprit de noter le numéro de plaque. Aux policiers, elle décrit « un individu portant une veste de couleur rose avec des manches noires ». Et voilà notre apprenti cambrioleur interpellé devant chez lui une heure et demie plus tard, le capot de sa voiture encore chaud. À l’intérieur : deux écrans plats, une console de PlayStation 4, deux téléphones portables, des vêtements et un grand tournevis…
Salim (1) a un tic, il se caresse frénétiquement le menton – qu’il a plutôt glabre pour un jeune homme de 22 ans. Au milieu des gendarmes, dans le box des prévenus de la 17e chambre du tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis), il ne passe pas inaperçu : Salim a revêtu une veste de jogging rose fluo, veste qui, on le verra plus tard, causa sa perte. Pour l’instant, ses yeux scrutent, éperdus, la salle d’audience à moitié vide. Son casier est vierge, il comparaît devant un juge pour la première fois.
C’est une habitante de Tremblay qui a donné l’alarme deux jours plus tôt. Alors qu’elle se promenait au petit matin dans les rues de la ville, elle a vu « trois individus » sortir d’un pavillon, les bras chargés, puis monter dans une voiture dont elle a eu la présence d’esprit de noter le numéro de plaque. Aux policiers, elle décrit « un individu portant une veste de couleur rose avec des manches noires ». Et voilà notre apprenti cambrioleur interpellé devant chez lui une heure et demie plus tard, le capot de sa voiture encore chaud. À l’intérieur : deux écrans plats, une console de PlayStation 4, deux téléphones portables, des vêtements et un grand tournevis…
vendredi 13 mai 2016
Le policier cogneur sera jugé à l’automne
Ils ont tous les deux mis leur plus beau costume, veste noire et chemise
blanche, pour se présenter devant la justice. La dernière fois qu’on
les avait vus, la solennité n’était pas de mise. Le premier, lycéen de
15 ans, était couché au sol entouré de trois policiers lui hurlant de se
lever ; le deuxième, gardien de la paix de 26 ans, casqué, poussait un
cri bestial avant de lui asséner un violent coup de poing au visage. La
scène se passait le 24 mars, rue Pailleron, près du lycée Bergson dans
le 19e arrondissement parisien, en marge d’une manifestation contre la
loi travail. Filmée, elle avait rapidement fait le tour de réseaux
sociaux, émouvant jusqu’au ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve,
qui s’était déclaré « choqué ».
mardi 10 mai 2016
Le « voyou » des Tarterêts devenu protégé de Dassault
Au faîte de sa réussite, Younès Bounouara voyageait dans le jet privé de Serge Dassault et pesait 130 kilos de plus. « Vous voilà du temps de votre splendeur », lâche le président de la cour d'assises d'Evry (Essone), lorsqu'apparaît sur l'écran une photo de l'accusé, visage rond, tout sourire, un bras sur l'épaule de l'industriel, cinquième fortune de France.
Aujourd'hui, derrière les vitres du box des accusés, Younès Bounouara a le visage gris et émacié, cheveux plaqués sur la tête et retenus par un catogan. Mais il n'a rien perdu de sa tchatche et de son assurance qui ont certainement séduit les puissants. « Je suis content d'être ici, jugé par des gens comme moi, lance-t-il aux jurés. C'est dommage qu'on en soit arrivé là, que ces gens-là avec qui j'ai grandi m'aient poussé à bout à ce point. »
Aujourd'hui, derrière les vitres du box des accusés, Younès Bounouara a le visage gris et émacié, cheveux plaqués sur la tête et retenus par un catogan. Mais il n'a rien perdu de sa tchatche et de son assurance qui ont certainement séduit les puissants. « Je suis content d'être ici, jugé par des gens comme moi, lance-t-il aux jurés. C'est dommage qu'on en soit arrivé là, que ces gens-là avec qui j'ai grandi m'aient poussé à bout à ce point. »
mercredi 4 mai 2016
«Vous aviez un bâton ? Non, un drapeau de la CGT»
Devant la présidente de la 23e chambre du tribunal correctionnel de Paris, Marc (1), en Terminale littéraire option musique au lycée autogéré de Paris, ne fait pas le malin: mains gentiment tenues devant lui, regard baissé. Il passe en comparution immédiate pour «jet de projectiles sur les forces de l’ordre en barrage» après avoir été arrêté le 31 mars 2016, à 15h25, rue Diderot (Paris 12e), dans un défilé contre la loi El Khomri. Les policiers sont formels : Marc était au «premier rang» du cortège, «une bouteille en verre dans la main gauche», «un bâton dans la main droite», lançant des «pierres quasiment aussi grosses que des balles de tennis» en direction des forces de l’ordre.
- Aviez-vous une bouteille en verre à la main ? l’interroge la présidente.
- Oui, on buvait une bouteille de bière avec des amis. C’était festif et d’un seul coup, c’est devenu le chaos.
- Soit on manifeste, soit on boit, on n’est pas censé s’alcooliser sur la voie publique. Aviez-vous un bâton à la main ?
- Non, c’était un porte-drapeau en plastique.
- Avec un drapeau au bout ?
- Oui, celui de la CGT (rires dans la salle).
- Vous êtes lycéen et vous brandissez un drapeau pour la CGT ?
- Oui, on est tous solidaires.
lundi 2 mai 2016
L'appel des salariés de l'Huma
(Petite entorse à ce blog : le texte qui suit n'est pas un récit d'audience, mais l'appel des salariés de l'Humanité pour la survie du journal de Jaurès.)
![]() | |
| Des salariés de l'Humanité dans le cortège, le 1er mai. |
L'Humanité, notre bien commun
Nous, salarié-e-s de l’Humanité, l’Humanité dimanche et l’Humanité.fr, refusons que notre journal, fondé il y a 112 ans par Jean Jaurès, disparaisse, étranglé par les problèmes financiers dans un contexte de crise de la presse et de désengagement de l’état.
Parce qu’il est indépendant financièrement, parce qu’il est le journal des luttes et des espoirs, parce qu’il est le porte-voix des sans-voix, l’Humanité est un bien commun. Il n’est la propriété de personne, ou mieux, il est notre propriété à toutes et tous. Nous le disons clairement : l’Humanité n’est pas une marchandise, une marque qu’un magnat du secteur pourrait ajouter à son tableau de chasse. Ce n’est pas dans les mains d’un grand patron du CAC 40 ou d’un banquier que nous comptons finir. L’Humanité n’a d’avenir que dans l’indépendance.
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