François-Marie Banier n’aime pas parler d’argent. Le millionnaire de 67 ans ne s’abaisse pas à
ces questions triviales. Même devant un tribunal. Il soupire : « Je n’entends
rien à ces choses là, voyez plutôt avec ma secrétaire ». Ou encore : « Liliane
(Bettencourt, NDLR) ne voulait pas que je m’occupe d’argent, ce n’est pas un
délit d’être inconséquent ». Non, mais l’abus de faiblesse en est un. Et c’est
justement pour avoir soustrait 440 millions d’euros à l’héritière de l’Oréal,
première fortune de France, que François-Marie Banier comparait depuis lundi
devant le tribunal correctionnel de Bordeaux.
jeudi 29 janvier 2015
mercredi 28 janvier 2015
« Ils feraient mieux d’aller traquer les vrais terroristes ! »
Affreux terroriste ou simple maçon ? Fin novembre, dix
kurdes comparaissaient à Paris pour extorsion avec violence, association
de malfaiteurs en vue de commettre un acte terroriste et financement
d’entreprise terroriste. Pour l’accusation, ces hommes sont des «gros
bras» du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), qui «frappent les
mauvais payeurs dans les caves» et «recrutent des jeunes pour alimenter
les bataillons de la guérilla». Pour la défense, au contraire, ces
maçons, carreleurs, peintres en bâtiment sont de simples réfugiés
politiques kurdes, la plupart mariés avec des enfants, «fatigués» par
huit longues années d’injustes poursuites judiciaires.
mardi 27 janvier 2015
Au procès Bettencourt, la défense s’en prend violemment à l’instruction
Pas sûr que la tactique soit payante, mais elle a permis, ce matin, à la défense d’affuter ses arguments sur le fond. Durant plusieurs heures, les avocats des prévenus se sont relayés à la barre pour tirer à boulets rouges sur l’instruction de l’affaire Bettencourt.
Deux incidents de procédure réclament, selon eux, le renvoi du procès. D’abord, les irrégularités de l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel(ORTC) des juges d’instruction Jean-Michel Gentil et Valérie Noël. « Juge d’instruction est un métier très difficile, a commencé Me Cornut-Gentille, avocat de François-Marie Banier. Il demande un examen objectif et complet des charges contre les personnes poursuivies ». Or, d’après l’avocat, les éléments à décharge ont été systématiquement exclus de l’ordonnance.
lundi 26 janvier 2015
Ouverture du procès Bettencourt sous haute tension
Le premier
procès dans l’affaire Bettencourt s’est ouvert ce matin au tribunal
correctionnel de Bordeaux dans la confusion la plus totale. De nombreux
personnages clefs de l’affaire manquent à l’appel. Sur le banc des parties
civiles, Liliane Bettencourt, qui n’est pas apparue en public depuis 2012, est
représentée par son administrateur ad hoc. Sa fille, Françoise
Meyers-Bettencourt et ses deux fils, parties civile, ne disent pas un mot. Du
côté des prévenus, dix hommes sont poursuivis – dont l’ancien ministre
sarkozyste Eric Woerth – mais deux manquent à l’appel : Carlos Cassina
Vejarano et Alain Thurin.
mercredi 17 décembre 2014
Procès Xynthia : les raisons d’une si sévère condamnation
Décision
inédite en France. Pour la première fois, un tribunal a condamné des élus
locaux à une peine de prison ferme pour un délit non intentionnel. Reconnu
coupable d’homicide involontaire et de mise en danger d’autrui, René Marratier,
maire de La Faute-sur-Mer (Vendée), a été condamné vendredi par le tribunal
correctionnel des Sables-d’Olonne à quatre ans d’emprisonnement ; sa première adjointe, chargée de l’urbanisme, à deux ans
et 75 000 d’amende – la somme maximale
– ; son fils, agent immobilier, à dix-huit mois. La sanction, « historique
», est à la hauteur de la catastrophe : dans la nuit du 27 au 28 février
2010, vingt-neuf personnes périrent noyées dans leur maison de bord de mer.
Pour autant, cette décision pose quelques questions…
vendredi 12 décembre 2014
Xynthia, un jugement «historique» contre la «malveillance d'élus locaux»
René Marratier n’a pas bougé. A la barre, les mains
devant lui, il a écouté sans broncher la sentence d’une extrême sévérité :
quatre ans de prison ferme pour homicides involontaires et mise en danger
d’autrui. A peine a-t-il murmuré un « c’est absurde », avant qu’une
dizaine de caméras et de micros ne se ruent sur lui au sein même de la salle
d’audience.
Deux
mois après le procès des élus de la Faute-sur-mer (Vendée) pour leur
responsabilité dans la mort de 29 personnes en février 2010 lors du passage de
la tempête Xynthia, le tribunal correctionnel des Sables d’Olonne a rendu un
jugement inédit ce matin en condamnant des élus à de la prison ferme. Outre le
maire, sa première adjointe à l’urbanisme, Françoise Babin, 71 ans, également
prometteur immobilier, a été condamnée à deux ans ferme et 75 000 euros d’amende
et son fils, Philippe, agent immobilier de 43 ans, a dix-huit mois de prison. Alain Jacobsoone, fonctionnaire départemental, a quant à luit été relaxé.
De l'Häy les roses à Tombouctou, sur le chemin du Jihad
Ils sont cinq hommes à la barre. Des trentenaires en pulls, jeans et
baskets. Cheveux coupés ras, barbichettes mal taillées. Engoncés dans
leurs doudounes à fourrures. Quatre noirs et un blanc – le « chef ».
Manque un sixième. Dont l’ombre plane sur la 16e chambre du tribunal
correctionnel de Paris. Le président l’appelle: «Moussa T. n’est pas là
?» Personne ne répond. Et pour cause. Toujours recherché par un mandat
d’arrêt, ce Français aurait été abattu dans la nuit du 20 au 21 mars
2013, par les forces françaises de l’opération Serval lors d’une attaque
contre l’aéroport de Tombouctou. Il avait 24 ans. Plusieurs témoins de
retour de cette ville du Nord Mali aux mains des islamistes l’avaient
décrit paradant dans les rues de la ville, kalachnikov en bandoulière.
Membre de la police islamique, il était chargé de faire appliquer la
charia.
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